Dans le monde du hip-hop, Vitry-sur-Seine dans le 94 est incontestablement connue et reconnue pour son collectif massif qu’est la Mafia K’1 Fry, étendant ses effectifs jusqu’ à Orly, avec en son sein des noms forts du mouvement tel que Ideal J (Kery James..), le 113 ou encore Different Teep dans ses premières heures. Ces noms ont marqué la ville et son environnement dans un lot d’histoires, de délires racontés dans les textes, qui est profondemment inscrite dans l’imaginaire collectif des amateurs de rap.
Mais le hip hop n’est pas la seule grande mouvance touchant cette partie de la métropole parisienne; La ville semble attirer nombre d”amateurs d’art contemporain, mis en avant par le véritable vaisseau qu’est le MacVal, entendez là Musée d’Art Contemporain du Val de Marne. Cette mouvance se lit également sur la commune voisine, Ivry-sur-Seine, collée au 13ème arrondissement par le boulevard périphérique et semble connaitre un phénomène de renouvellement le long de ses quais comme son voisin le 13ème avec le quartier de la bibliothèque François Mitterand. Pour mieux se plonger dans cette chronique, je vous propose une petite ballade, qui démarre à la Mairie d’Ivry, au terminus de la ligne de Metro 7.
Arret Mairie d’Ivry, sortez des couloirs du métro et vous avez l’impression d’entrer dans un labyrinthe de béton brut. Vous êtes dans une particularité architecturale de la métropole parisienne. Le quartier centre-ville d’Ivry est un quartier des années 70, conçu par l’architecte Jean renaudie. La particularité de ce quartier tient dans ses immeubles aux angles pointus, qui composent des terasses végétalisées avec des jardins. Ces immeubles surmontent la route qui passent en dessous et un petit centre commercial est accessible au coeur d’un ensemble par des couloirs. Ce qui est étonnant également c’est que des bâtiments antérieurs siègent entre ces constructions étonnantes.

A quelques mètres plus loin, siègent deux autres bâtiments étonnants mais hérités d’une autre époque, celle de la banlieue rouge et ouvrière…les cités Maurice Thorez et Gagarine. Maurice Thorez est particulièrement remarquable avec au point culminant du bâtiment un beffroi. Leur briques rouges leur donne également une allure plutot fière qui diffère des barres tristes habituellement présentes dans l’agglomération.
Après ce petit détour architectural dans le centre d’Ivry, on laisse le groupe Gagarine derrière nous et on se dirige rue Raspail, où l’on trouve un des plus important lieu de l’art contemporain de l’agglo, le Credac, Centre d’Art Contemporain d’Ivry. Dans un ancien grand bâtiment industriel, avec des très grandes vitres et grands espaces, l’art contemporain a pris possession de tout le troisième étage. Le rendu des oeuvres dans cet espace post-industriel peut rappeler les grandes galeries d’Outre-Manche ou de la Grosse Pomme
Le parcours se poursuit pour arriver sur Vitry, aux alentours de la gare RER. A partir de là jusqu’au MacVal, les artistes urbains d’ici et d’ailleurs ont laissé leur traces sur le mobiliers urbain, faisant de Vitry un musée d’art urbain à ciel ouvert. Cette petite revolution créée un nouveau tourisme à Vitry, les amateurs d’arts urbains viennent contempler les oeuvres ornant façades d’épicerie ou encore panneau de circulation…

Au bout de ce cheminement, on arrive au masthodonte de l’art contemporain, le MacVal, bâtiment blanc épuré, vaisseau à proximité des grandes tours HLM du grand ensemble de Vitry. C’est cette réalisation qui a certainement permis ce grand boom de l’art contempo dans coin et a contribué à créer une attraction sur Vitry-sur-Seine, artistique et touristique, en dehors des sentiers classiques du coeur parisien…
Pour finir, vous pouvez flaner le long de la Seine, malgré les friches industrielles et quelques activités ça reste une particularité, avec le Pont du Port aux anglais qui relie Vitry à Alfortville ou encore le Pont piéton qui relie Ivry à Charenton, avec leur petite particularité un peu pont à la new-yorkaise. Vous tomberez au final sur les quais d’Ivry, où durant les beaux jours, des terasses éphémères se tiennent, afin de profiter d’une petite chicha et se reposer de vos découvertes artistiques de la journée….
K.D.



























